Une réforme pour les prisons ?

By Mk2010 (Own work) [CC BY-SA 3.0 ], via Wikimedia Commons

L’annonce est tombée cette semaine, l’état créera 7000 places de prison. Pourtant, Emmanuel Macron avait fait comme promesse de campagne la construction de 15.000 places. Aujourd’hui, nous allons analyser la problématique des prisons en France.

Une surpopulation carcérale

Les chiffres de l’administration

C’est un fait la France est en situation de surpopulation carcérale. L’administration donne le chiffre de 250.000 personnes pris en charge par l’administration judiciaire. 80.893 personnes sous écrou, 170.000 personnes suivies en milieu ouvert. Notre pays compte 188 établissements pénitentiaires et 103 services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Enfin, pour gérer cette population carcérale, 39.000 agents sont mobilisés par l’état. 28.000 personnels de surveillance et 5.000 personnels de SPIP. Le budget de l’administration pénitentiaire est de 2.79 milliard par an. Sur les 80.893 personnes, 11297 sont non détenus, soit la plupart du temps en placement sous surveillance électronique. Les chiffres sont ceux de février 2018.

Les chiffres du mois sont encore plus précis : 69.596 personnes sont effectivement détenues dans les prisons françaises pour 59.848 places. 1569 matelas au sol sont même dénombrés. Il ne faut donc pas être un professionnel des mathématiques pour se rendre compte qu’il y a un problème. En admettant que les 7.000 places de prisons soient immédiatement ouvertes, il manquera tout de même 2.748 places. Cela enlèvera, au mieux, les matelas des sols.

 

Les alternatives

Pourtant les alternatives au système carcérale existent. Et, sur ce point, la France n’est de nouveau pas à l’heure. L’utilisation du bracelet électronique est quasiment la seule « alternative » à la prison. Le taux d’infraction puni d’une peine d’intérêt général avoisine les 3%. De plus, le concept des prisons ouvertes, largement exploité dans les pays scandinaves, ne concerne que 1% des prisons Française (une seule, en Corse).

Les prisons ouvertes

La prison de Casabiandes est exception. Cette prison Corse utilise un système qu’elle est la seule à utiliser sur le territoire : celui des prisons ouvertes. La différence majeure est l’absence de murs pour délimiter la prison. Travailler et suivre une thérapie est obligatoire pour l’ensemble des détenus. En effet, continuer à réaliser une activité professionnelle leur permet de se rapprocher de la réinsertion. Plusieurs fois par jour, un appel permet de vérifier si les détenus sont bien présents.

Cette prison permets de diminuer de façon très claires les violences entre les détenus ainsi que les agressions contre le personnel. Pour des questions de sécurité , tout le monde ne peut pas prétendre à ce dispositif. De plus, lorsqu’un détenu enfreint les règles, il peut se voir exclus. Il doit alors retourner dans une prison classique.

Un groupe de député a d’ailleurs visité une de ces prisons ouvertes. Cette solution qui offre un taux de récidive inférieur ainsi qu’une meilleure réinsertion. Toujours est-il que dans les pays Scandinaves, c’est un véritable succès. Si vous souhaitez plus d’information sur le sujet, je vous invite à regarder le documentaire « Casabianda, des barreaux dans la tête » dont le lien se trouve dans les sources.

Les peines d’intérêt générales

Les juges peuvent prononcés des peines de travail d’intérêt général en lieu et place de la prison. Concrètement, cette solution offre la possibilité au condamné de se mettre au service de l’intérêt général. Cette sanction est le plus souvent utilisé pour sanctionner des faits de vol ou de délit routier.  Le TIG est réservé aux courtes peines et les personnes doivent être volontaires.

Prononcer une une peine d’intérêt générale est complexe pour le juge. En effet, il doit déterminer la personnalité du prévenu, chose qu’il ne peut faire en ne prenant pas le temps. De nouveau, le manque de moyens explique le peu d’utilisation en France de ce dispositif.

Si la surpopulation carcérale est un véritable problème en France, un projet de loi devrait venir régler une partie du problème. La ministre de la justice a annoncée l’ouverture de quinze prisons ouvertes dans les années qui viennent. Nous reviendrons sur le sujet lorsque le texte sera à l’assemblée nationale.

Sources :

Statistique mensuelle des personnes écrouées et détenues en France

Casabianda, des barreaux dans la tête

 

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