Pensée politique #3 La hiérarchie

En quasi permanence, la hiérarchie est présente dans nos rapports sociaux. Est-ce donc le seul moyen de nous organiser ? Nous allons y réfléchir dans ce troisième numéro de pensée politique.

Quand une mère demande à son enfant de ranger sa chambre, quand un maître demande à un élève de réaliser une tâche ou quand un patron demande à un de ses employés de faire quelque chose, il y a de la hiérarchie. Si on nous enseigne, dés le plus jeune âge, à obéir c’est que depuis toujours les rapports sociaux sont ponctués de hiérarchie.

La hiérarchie dans le travail

La hiérarchie dans le service public

Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.

Loi du 13 juillet 1983, article 28

Nos services publics ou, plus précisément, nos fonctionnaires connaissent bien la hiérarchie. En effets, nos administrations sont un peu les bras exécutant des décisions politiques. Si la loi émet une réserve en autorisant le refus d’un ordre illégal, elle dispose surtout l’obéissance des fonctionnaires.

Cette obligation semble néanmoins être justifiée. Lorsqu’une personnalité politique est élue, elle détient un pouvoir politique. Il serait alors ironique que n’importe quel fonctionnaire puisse remettre en cause une décision de ces politiques. Et pourtant ce sont bien les fonctionnaires de tous niveaux qui font tourner nos services publics. Ne sont-ils pas compétent pour prendre des décisions ?

 

La hiérarchie dans le privé

[…] que le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné […]

Arrêt de la cours cassation du 13 novembre 1996

Dans le privé, c’est assez semblable. Lorsqu’un salarié signe son contrat de travail, il accepte d’être subordonné au pouvoir de quelqu’un. Au sommet, on retrouve le patron. Ici, on justifie ce pouvoir par le fait que le patron possède la société. Après tout, il a investi de l’argent, c’est donc lui qui dirige. De nouveau, on peut se demander si la personne qui reçoit ces ordres n’est pas capable d’organiser son travail.

C’est néanmoins dans le privé qu’on retrouve des alternatives. J’ai déjà évoqué les SCOP sur ce blog, mais même dans les sociétés non coopératives, le management peut être coopératif. La différence fondamentale entre une coopérative et une entreprise détenue par un patron, c’est qu’au final le patron peut toujours « reprendre le pouvoir« .

La hiérarchie dans la sphère privée et familiale

Le travail nous prend une grande partie de notre temps mais c’est loin d’être le seul endroit où la hiérarchie opère.

L’éducation

L’éducation est une chose primordiale. Pour les enfants comme pour les adultes, on a jamais fini d’apprendre. C’est ainsi que souvent, on apprend aux enfants à respecter des règles qu’on a soit même édictées, ça permet de poser les bases. A l’école, un enfant doit respecter son maître et l’écouter. Ainsi, dés l’enfance, on apprend à obéir.

Et pourtant, les enfants apprennent souvent à s’organiser. Les conseils de classes et l’écriture de règles édictées par eux-mêmes sont des exemples de cette apprentissage à l’auto-organisation. Un apprentissage qui pourrait leur être utile, à l’avenir, mais en attendant, on écoute l’enseignant.

La vie de tous les jours

Même en étant adulte, des règles sont fixées. Vous souhaiter conduire, vous devez respecter le code de la route. Créer une entreprise, le code de commerce. Fonder une famille, le code civil. Je pense que vous comprenez, notre vie est régie par un ensemble de règles. Mais ça, vous le saviez déjà.

Un droit unitaire, comme on a en France, permet à ce que chacun utilise les mêmes règles. Cela simplifie pas mal de chose, vous n’imagineriez même pas quelqu’un roulant à gauche lorsque vous êtes au volant. Par contre, si vous roulez à gauche, vous êtes punissable devant la justice. Et pourtant, vous n’avez pas le choix, il vous respecter cette règle éditée par des politiques il y a de ça pas mal d’année. Je prend cet exemple de règle car elle complètement arbitraire. Au final qu’on roule à droite ou à gauche, ça ne change pas grand chose.

Continuons avec un autre exemple. Un samedi, vous décidez d’aller prendre un café dans le bar de votre ami, Jean-Charles. Votre ami, comme à chaque fois, vous demande la moitié du prix du café. Accessoirement, Jean-Charles ne déclare pas le café vendu il ne paie donc pas la TVA sur ce café. Un inspecteur, présent dans le bar, constate l’infraction et pénalise Jean-Charles d’une amende.

L’inspecteur qui a constaté l’infraction répondait probablement à une demande d’un supérieur d’aller contrôler l’établissement. Mais Jean-Charles, lui, ne répondait à aucun ordre, c’était sa décision. Et pourtant, Jean-Charles devait forcément respecter des règles qu’ils ne peut jamais remettre en doute.

 

Le mot de la fin

Ainsi, nous l’avons vu, nous passons une grande partie de notre vie à obéir. Le but de cet article n’est pas de remettre en cause le système juridique. Même si certaines personnes se bornent à déclarer que telle ou telle règle est mauvaise, ce n’est pas sur ce sujet que je voulais vous emmener mais plutôt sur la réflexion à un autre moyen de s’organiser, principalement dans le travail. Il est ironique de penser que nous nous devons d’obéir simplement sans jamais ne rien remettre en cause. Or, dans cette période où l’organisation du travail  est mis à mal par la politique, il est temps de trouver des alternatives à cette règle de subordination.

Sources

Arrêt de la cours de cassation, 13 novembre 1996

Loi du 13 juillet 1983, article 28

Tout le monde déteste le travail, intervention de Frédéric Lordon 

Article 256 A, code des impôts (TVA)

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*