La SNCF, une réforme nécessaire ?

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La SNCF est une entreprise essentielle en France. Elle permet le déplacement de quatre millions de personnes chaque jour. Cette institution va être réformée sous peu, à grand coup d’ordonnances.

Pourquoi réformer la SNCF

La SNCF doit être réformée, rentabilisée, ouverte à la concurrence. Les lignes de trains en retard ne doivent plus l’être. Les outils doivent être modernisés. Or, le plus important reste de supprimer sa dette. Pourtant, avec 50 milliard d’euro à rembourser la SNCF n’est pas prête de voir ces crédits recouvrés.

Pour supprimer une dette, de façon générale il n’y a que deux possibilités. Soit on augmente les rentrées d’argents, soit on coupe dans les dépenses. Il ne faut pas être économiste pour ce rendre compte qu’un billet de train trop cher ne se vendrait tout simplement pas. Reste alors les économies en défaveur des travailleurs et des petites lignes.

Avant de commencer cet article, je trouvais important de rappeler d’où vient cette dette. En majorité, la dette de la SNCF à été creusée, non pas par le prix « exorbitant » des cheminots mais par le construction de lignes de TGV. Ces lignes, souvent construites pour répondre à des volontés politiques auraient du être financée par l’Etat. Pourtant, aujourd’hui c’est la société des chemins de fer qui trinque et doit entrer dans la concurrence avec cette dette exorbitante.

Le rapport Spinetta

Il fallait être totalement déconnecté pour ne pas entendre parler de ce rapport. Réalisé par Jean-Cyril Spinetta, le rapport propose de nombreux changement pour notre société nationale des chemins de fer français.

Le statut des cheminots

Il ne faut pas déconner, en 2018, il faut que la main d’oeuvre coûte le moins cher possible. Concrètement, le rapport propose que les nouveaux venus à la SNCF n’aient plus le statut de cheminot. Et oui, il faut dire que ce statut n’est qu’un vestige du temps où la SNCF était un service public à part entière.  Sauf que quand on sait qu’une contrôleuse peut ne gagner que 1400€, on peut se demander si cela est aussi intéressant qu’annoncé.

Plus récemment, ce sont les prix payés par les cheminots et leur famille pour utiliser le service qui sont remis en cause. De tels « privilèges » semblent créer un manque à gagner pour l’entreprise.

Les petites lignes financées par les collectivités

Ouvrir une société à la concurrence, ça demande de faire du chiffre. Pourtant, une ligne peu utilisée, ce n’est pas rentable. Or, ces lignes sont nécessaires pour permettre à certaine personnes de réaliser des activités essentielles comme aller travailler. La solution proposée par le rapport, en plus de suppressions de plusieurs kilomètres de lignes, c’est de faire financer les lignes moins rentables par les collectivités territoriales. Les sociétés concurrentes exploiteront les lignes les plus rentables. Les lignes les moins retables seront elles soit financée par la collectivité soit abandonnées.

La SA SNCF

Une société anonyme est une forme classique d’entreprise. Transformer la SNCF en SA (dont le capital devrait être majoritairement détenu par l’état) c’est courir le risque de la voir vendue au premier venu. En effet, les actions d’une SA peuvent être librement vendues.

La fin du service ?

Réformer la SNCF semble pourtant nécessaire. Parce qu’il est impensable de voir le matériel se détériorer. Parce qu’elle doit continuer à se développer. Le gouvernement ne reviendra probablement pas sur l’ouverture à la concurrence . Et pourtant, la SNCF est un outil clef pour notre avenir.

L’une des ironie de ce gouvernement, c’est d’un côté défendre les belles paroles des accords de Paris et de l’autre réformer une des rares alternatives à la voiture. Au delà d’une simple entreprise, la SNCF permet aujourd’hui, au plus grand nombre, de réduire l’utilisation de nos chères automobiles. Et dans la situation actuelle, il faut diminuer l’utilisation de la voiture.

Ainsi, nos dirigeants préfèrent aujourd’hui la rentabilité au service. On ne réforme pas la SNCF pour améliorer le service mais on la réforme pour la faire entrer dans le monde magnifique de la concurrence. L’Etat ne reprendra probablement jamais la dette qu’il a creusé. Et pourtant Le risque de voir la SNCF être délaissée par ses usagers est grand.

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