Au cœur de la start-up nation #1 Deliveroo

Depuis mai 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la France confirmée par une assemblée nationale majoritairement en marche, la France prend tout doucement des airs de start-up. Des allures seulement, puisqu’aujourd’hui le taux de chômage reste au plus haut, le niveau de vie des Français de petites gens reste au plus bas bref, le seule compte bancaire qui est avantagé par les réformes progressives d’Emmanuel Macron est celui de ceux qui en avaient le moins besoin.

En partant de ce postulat, nous allons nous intéresser à cet esprit d’entreprendre car après tout toute start-up à besoin de ses start-upers pour exister. Du coup, je me suis demandé quelles réformes pouvaient éventuellement enrichir la classe populaire (puisque la théorie du ruissellement n’est, selon les paroles du chef de l’état, pas la base de la politique menée).

C’est la qu’intervient la loi de finance 2018 qui modifie une donnée importante : le plafond de la micro-entreprise est maintenant doublé ! Ainsi, pour une activité de service, le plafond est maintenant de 70,000€. Si on en croit le calcul de pôle emploi, la moitié du CA devrait être reversé comme salaire, soit 35,000€ net par an, une bonne petite somme pour un prolétaire habitué de toucher 2,5 fois moins lorsque celui-ci ne se voit rémunéré que le SMIC.

Justement, ça tombe bien, une start-up permet à pas mal de monde de créer son entreprise, mettant en lien des restaurants, des consommateurs et des livreurs qui amènent la nourriture. Cette start-up, vous en avez sans doute entendue parlé, c’est Déliveroo. Bon, il existe plusieurs entreprises qui proposent ce service, il fallait bien en choisir une, c’est donc celle qui fait le plus parler d’elle que j’ai choisie.

Lorsqu’on se balade sur la page de candidature de l’entreprise, celui-ci nous promets en gros de réaliser une chiffre d’affaire de 12,5€ de l’heure (2,5 courses à l’heure, 5€ la course). Avec un chiffre d’affaire pareil, pas une seule minute à attendre je passe le pas et vais vers l’inscription (bon, surtout pour vous montrer comment ça fonctionne mais ça, il ne faut pas le dire).

L’inscription sur le site internet

Après avoir rempli quelques informations bateaux (nom, prénom, e mail et le tralala classique) et un petit mot de motivation, la candidature se voit rapidement validée. Quelques vidéos d’informations plus tard, l’entreprise vous propose soit de créer une entreprise avec l’aide de ses partenaires, soit de vous renseigner à la CCI (Chambres de Commerce et d’industrie) la plus proche.

Après un petit coup de fil à la CCI, on m’indique qu’un mail va être envoyé expliquant la démarche pour créer une entreprise (pour le coup, la micro entreprise peut se créer directement en ligne).

Ensuite, il faut entamer une démarche à la banque de votre choix. En effet, depuis le 1er juin 2015, il est obligatoire de créer un compte bancaire dédié à son activité professionnelle. Pour le coup, le choix de la banque varie, la plus compréhensive, la moins cher, la plus pratique, la banque de votre famille chacun choisi comme il veut.

Le Business Plan

Normalement, avant de créer son entreprise, il est conseillé de faire un petit Business Plan. Cet outil est relativement important puisqu’il sert à évaluer si son activité va être rentable. Vu qu’on a pas trop le temps, nous allons simplement créer quelques éléments de prévisionnels (en espérant que la banque, le CCI et surtout déliveroo marche).

Côté dépenses de base

La chose essentielle pour commencer son activité de coursier à vélo c’est … un vélo !

Je me dis que ça serait pas mal de faire ce test avec un vélo électrique (vélo à assistance électrique (VAE)), ce qui coûte plus cher mais qui devrait me permettre de réaliser plus de course à l’heure et donc de faire un chiffre d’affaire plus important que celui qui est indiqué.

Bien entendu, pour ne pas, dans les cas les moins graves ne pas réaliser son CA, dans les pires décéder sur la route, il vaut mieux investir dans un casque, puis les gants c’est aussi pas mal pour éviter de se retrouver avec des mains en pièce.

Je me suis donc rendu au vendeur de VAE le plus proche et ai demandé deux devis (ils aiment bien ça dans les banques, les devis, pour que le BP soit le plus exact possible).

Bref, pour un vae de qualité moyenne, un casque et des gants le devis fais (très) mal : 1693,95€ TTC. Pour la qualité supérieure, 2194,85€.

Ensuite, il faut compter 25€ pour le sac isotherme(vous savez, le super sac déliveroo) et on est prêt à partir, après avoir déboursé 2219,95€ (ou les avoirs emprunter, ce qui fait encore plus mal)(68€ par mois sur 36 mois, peu ou prou).

Côté rentrées estimées

Bon, j’ai trouvé des dizaines de chiffres tous contradictoire alors nous allons faire un petit calcul de base. J’ai décidé de croire sur parole l’entreprise c’est à dire que le chiffre d’affaire devrait tourner au environ de 12,5€/heure.

En travaillant 35h par semaine, on peut ainsi espérer gagner 437,5€ de chiffre d’affaire chaque semaine. 1887,5€ par mois.

En travaillent 24h par semaine, le CA serait de 300€ par semaine, 1300€ par mois.

Enfin, avec un temps de travail hebdomadaire de 42 heures nous permettant d’espérer un chiffre d’affaire de 525€ chaque semaine. 2152€ par mois.

24 heures  35 heures 42 heures
1300€  1887€ 2152€

Côté dépenses courantes

Bien entendu, chiffre d’affaire ce n’est pas la somme d’argent qui fini dans votre poche. De cette somme, 23,10 % devront être cotisée, 1,7 % verser à l’état (impôt sur le revenu). 24,8 % en moins donc.

 24 heures 35 heures 42 heures heures hebdo
 1300€ 1887€ 2152€ chiffre d’affaire
322€ 468€ 534€ Charges sociales et IR
68€ 68€ 68€ Vélo / équipement
910€ 1351€ 1550€ total

A cette somme peut encore être déduits les assurances. La responsabilité civile professionnelle est plus que conseillée.

Maintenant que les bases sont posées, nous allons pouvoir vérifier ces informations. Personnellement, je suis très sceptique quant à la réalisation d’un CA aussi important.

« Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour la France » : Peut-être une start-up?

1 Trackback / Pingback

  1. Le Business Plan : un outil essentiel ? - le monde part en sucette

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*